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Pierre Sarkozy

« Sarkozy Â» redirige? ici. Pour les autres significations, voir Sarkozy (homonymie). Page d'aide sur l'homonymie
Nicolas Sarkozy
23e président de la République française
Nicolas Sarkozy, en septembre 2007.

Actuellement en fonction
Mandat
16 mai 2007 - {{{fin mandat1}}}
Depuis le 16 mai 2007
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Élu(e) le6 mai 2007
Parti politiqueUDR (1974)
RPR (1976)
UMP (2002)
RépubliqueVe République
ConstitutionConstitution de 1958
Premier(s) ministre(s)François Fillon
PrédécesseurJacques Chirac
Successeur-
Élu(e) le{{{Ă©lection2}}}
Élu(e) le{{{Ă©lection3}}}
Élu(e) le{{{Ă©lection4}}}

Autres fonctions
Ministre de l'Intérieur
Mandat
7 mai 2002 - 30 mars 2004
PrésidentJacques Chirac
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Chef de l’État{{{chef de l'etat1}}}
Monarque{{{monarque1}}}
Gouverneur général{{{gouverneur1}}}
Premier ministre{{{président du conseil 1}}}
Premier ministreJean-Pierre Raffarin
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GouvernementGouvernements Raffarin (1), (2)
PrédécesseurDaniel Vaillant
SuccesseurDominique de Villepin

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Mandat
31 mai 2005 - 26 mars 2007
PrésidentJacques Chirac
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Chef de l’État{{{chef de l'etat2}}}
Monarque{{{monarque2}}}
Gouverneur général{{{gouverneur2}}}
Premier ministre{{{président du conseil 2}}}
Premier ministreDominique de Villepin
Chancelier{{{chancelier2}}}
GouvernementGouvernement de Villepin
PrédécesseurDominique de Villepin
SuccesseurFrançois Baroin

Ministre d'État, Ministre de l'Économie et des Finances
Mandat
31 mars 2004 - 29 novembre 2004
PrésidentJacques Chirac
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Chef de l’État{{{chef de l'etat3}}}
Monarque{{{monarque3}}}
Gouverneur général{{{gouverneur3}}}
Premier ministre{{{président du conseil 3}}}
Premier ministreJean-Pierre Raffarin
Chancelier{{{chancelier3}}}
GouvernementGouvernement Raffarin (3)
PrédécesseurFrancis Mer
SuccesseurHervé Gaymard

Ministre de la Communication
Mandat
19 juillet 1994 - 16 mai 1995
PrésidentFrançois Mitterrand
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Gouverneur général{{{gouverneur4}}}
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Premier ministreÉdouard Balladur
Chancelier{{{chancelier4}}}
GouvernementGouvernement Balladur
PrédécesseurAlain Carignon
SuccesseurCatherine Trautmann (indirectement)

Ministre du Budget
Mandat
29 mars 1993 - 16 mai 1995
PrésidentFrançois Mitterrand
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Gouverneur général{{{gouverneur5}}}
Premier ministre{{{président du conseil 5}}}
Premier ministreÉdouard Balladur
Chancelier{{{chancelier5}}}
GouvernementGouvernement Balladur
PrédécesseurMartin Malvy
SuccesseurFrançois d'Aubert

Porte-parole du gouvernement
Mandat
29 mars 1993 - 19 janvier 1995
PrésidentFrançois Mitterrand
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Chef de l’État{{{chef de l'etat6}}}
Monarque{{{monarque6}}}
Gouverneur général{{{gouverneur6}}}
Premier ministre{{{président du conseil 6}}}
Premier ministreÉdouard Balladur
Chancelier{{{chancelier6}}}
GouvernementGouvernement Balladur
PrédécesseurLouis Mermaz
SuccesseurPhilippe Douste-Blazy

Maire de Neuilly-sur-Seine
Mandat
29 avril 1983 - 7 mai 2002
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Chancelier{{{chancelier7}}}
Gouvernement{{{gouvernement7}}}
PrédécesseurAchille Peretti
SuccesseurLouis-Charles Bary

Biographie
Nom de naissanceNicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa
Naissance28 janvier 1955
Paris, 17e arr. (France)
DécÚs{{{décÚs}}}
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Nature du décÚs{{{nature}}}
Nationalité{{{nationalité}}}
Conjoint(s)Marie-Dominique Culioli (divorcé)
Cécilia Ciganer-Albéniz (divorcé)
Carla Bruni
Enfant(s)Du 1er mariage :
Pierre Sarkozy
Jean Sarkozy
Du 2e mariage :
Louis Sarkozy
DiplÎméUniversité Paris-X
ProfessionAvocat
Occupations{{{occupation}}}
RĂ©sidence(s)Palais de l'ÉlysĂ©e
ReligionCatholique
Signature

Présidents de la République française

Nicolas Sarkozy [nikɔla saʁkɔzi] (Sarkozy.ogg Ă©couter), de son nom complet Nicolas, Paul, StĂ©phane, Sarközy de Nagy-Bocsa, nĂ© le 28 janvier 1955 Ă  Paris (17e arrondissement), est un homme d'État français, prĂ©sident de la RĂ©publique française et coprince d'Andorre depuis le 16 mai 2007.

Il a prĂ©cĂ©demment occupĂ© les fonctions de maire de Neuilly-sur-Seine, de prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral des Hauts-de-Seine, de dĂ©putĂ©, de porte-parole du gouvernement, de ministre du Budget, de ministre de la Communication, de ministre de l'IntĂ©rieur et de ministre de l'Économie et des Finances.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Origines familiales
    • 1.2 Parcours universitaire
    • 1.3 Service militaire
    • 1.4 Vie privĂ©e
    • 1.5 CarriĂšre politique
      • 1.5.1 Formation
      • 1.5.2 Le gouvernement Balladur et le ministĂšre du Budget (1993-1995)
      • 1.5.3 L'affaire Human Bomb
      • 1.5.4 Le soutien Ă  Édouard Balladur, la « traversĂ©e du dĂ©sert Â» et le retour en grĂące
      • 1.5.5 Les Ă©lections europĂ©ennes de 1999
      • 1.5.6 La XIIe lĂ©gislature (2002-2007)
        • 1.5.6.1 Gouvernements Raffarin
          • 1.5.6.1.1 Ministre de l'IntĂ©rieur (2002-2004)
          • 1.5.6.1.2 Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie (mars-novembre 2004)
        • 1.5.6.2 Gouvernement Villepin, ministre de l’IntĂ©rieur (2005-2007)
      • 1.5.7 Campagne prĂ©sidentielle de 2007
      • 1.5.8 La prĂ©sidence de la RĂ©publique
        • 1.5.8.1 Gouvernements Fillon
        • 1.5.8.2 Cabinet
        • 1.5.8.3 Politique intĂ©rieure
        • 1.5.8.4 Politique internationale
  • 2 Controverses
    • 2.1 Relations avec le groupe Lasserre
    • 2.2 Affaire Clearstream 2
    • 2.3 MĂ©dias
    • 2.4 Relation avec les Ă©lecteurs du Front national
    • 2.5 Europe
    • 2.6 LaĂŻcitĂ©
  • 3 SynthĂšse du parcours politique
    • 3.1 CarriĂšre au sein de partis politiques
    • 3.2 CarriĂšre Ă©lective locale
    • 3.3 CarriĂšre parlementaire
    • 3.4 CarriĂšre ministĂ©rielle
    • 3.5 PrĂ©sidence de la RĂ©publique
    • 3.6 Tableau rĂ©capitulatif des fonctions
  • 4 Distinctions et dĂ©corations
  • 5 Actions en justice
    • 5.1 Durant sa carriĂšre ministĂ©rielle
    • 5.2 Durant son mandat prĂ©sidentiel
  • 6 Informations complĂ©mentaires
  • 7 Notes et rĂ©fĂ©rences
  • 8 Voir aussi
    • 8.1 Bibliographie
      • 8.1.1 Ouvrages de/avec Nicolas Sarkozy
      • 8.1.2 Ouvrages autour de Nicolas Sarkozy
    • 8.2 Documentaires
    • 8.3 Articles connexes
    • 8.4 Liens externes

Biographie

À l'UniversitĂ© Paris Dauphine devant 1 000 Ă©tudiants, le 21 avril 2005

Origines familiales

Nicolas Sarkozy, de son nom complet Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa[1], est le fils d'Andrée Mallah et de Paul Sarközy de Nagy-Bocsa[2].

Son pĂšre, est nĂ© nagybĂłcsai SĂĄrközy PĂĄl Ă  Budapest le 5 mai 1928, dans une famille de la petite noblesse hongroise anoblie le 10 septembre 1628 par l'Empereur Ferdinand II, roi de BohĂȘme et de Hongrie[3]. Son ancĂȘtre, un paysan qui s'est battu contre les Turcs, n'a pas reçu de rĂ©el titre de noblesse mais le droit de faire suivre son nom[4] par celui de son village d'origine et l'usage d'un blason[5]. La famille possĂ©dait des terres et un petit chĂąteau dans le village d'AlattyĂĄn (prĂšs de Szolnok), Ă  92 km Ă  l'est de Budapest. Le pĂšre et le grand-pĂšre de PĂĄl SĂĄrközy avaient des fonctions Ă©lectives Ă  la mairie de Szolnok (dont celle d'adjoint au maire pour le grand-pĂšre). À l'arrivĂ©e de l'ArmĂ©e rouge en 1944, la famille est expropriĂ©e et s'exile. AprĂšs de nombreuses pĂ©ripĂ©ties Ă  travers l'Autriche et l'Allemagne, PĂĄl SĂĄrközy rencontre un recruteur de la LĂ©gion Ă©trangĂšre Ă  Baden-Baden. Il s'engage pour cinq ans et fait ses classes en AlgĂ©rie Ă  Sidi-Bel-AbbĂšs. Il est cependant dĂ©clarĂ© inapte au dĂ©part pour l'Indochine, puis dĂ©mobilisĂ© Ă  Marseille en 1948. Il francise alors son nom en Paul Sarközy de Nagy-Bocsa. Devenu publicitaire, il rencontre en 1949 AndrĂ©e Mallah, alors Ă©tudiante en droit, qu'il Ă©pouse. Cette derniĂšre est la fille de BĂ©nĂ©dict Mallah, chirurgien du 17e arrondissement de Paris, issu d'une famille de Juifs sĂ©farades chassĂ©e d'Espagne puis installĂ©e Ă  Salonique Ă  partir du XVIIe siĂšcle[6], mariĂ© Ă  AdĂšle Bouvier, infirmiĂšre catholique nĂ©e Ă  Lyon en 1891, issue d'une famille savoyarde devenue française en 1860.

Nicolas Sarkozy naĂźt le 28 janvier 1955 dans le 17e arrondissement de Paris. Il a deux frĂšres : Guillaume, nĂ© en 1951, futur chef d'entreprise dans le textile (vice-prĂ©sident du MEDEF entre 2000 et 2006) et François, nĂ© en 1957, qui devient pĂ©diatre puis chercheur en biologie. Lorsque Paul Sarkozy quitte le domicile conjugal en 1959 et divorce, sa femme reprend ses Ă©tudes pour Ă©lever ses enfants. Elle devient avocate au barreau de Nanterre ; elle plaide dans l'affaire Villarceaux. Paul Sarkozy se remarie trois fois. De son deuxiĂšme mariage avec Christine de Ganay[7], il a deux autres enfants : Caroline et Pierre-Olivier, banquier Ă  New York.

Parcours universitaire

Ancien Ă©lĂšve du LycĂ©e Chaptal (Paris 8e) qu'il a quittĂ© pour redoubler sa sixiĂšme au Cours Saint-Louis de Monceau[8] situĂ© rue de Monceau Ă  Paris, Nicolas Sarkozy obtient un baccalaurĂ©at B en 1973. Sa famille s’installe Ă  Neuilly.

Au meeting de France.9 (Paris), le 3 décembre 2005

Étudiant Ă  l’UniversitĂ© Paris X Nanterre, il y obtient une maĂźtrise de droit privĂ© en 1978 et effectue son service militaire. Il entre ensuite Ă  l'Institut d'Ă©tudes politiques de Paris dont il ne ressort pas diplĂŽmĂ© [9]. Il obtient en fĂ©vrier 1980 un DEA en sciences politiques avec un mĂ©moire sur le rĂ©fĂ©rendum du 27 avril 1969.

En 1981, aprÚs avoir envisagé le journalisme, il obtient le Certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA), suivant ainsi les traces de sa mÚre.

Il devient alors le collaborateur de l'avocat Guy Danet, puis l'un des trois associĂ©s du cabinet d'avocats parisien « Leibovici - Claude - Sarkozy Â», un cabinet qui compte onze avocats spĂ©cialisĂ©s dans le droit immobilier. Cependant, l'exercice de la profession d'avocat Ă©tant incompatible avec toute autre activitĂ©, il renonce Ă  l'exercer pendant ses pĂ©riodes d'activitĂ© gouvernementale .

Service militaire

Nicolas Sarkozy effectue son service militaire à la base aérienne 117 (quartier Balard), dans le 15e arrondissement de Paris. Il appartient alors au Groupe rapide d'intervention chargé du nettoyage[10].

Vie privée

Le 23 septembre 1982, Nicolas Sarkozy Ă©pouse Marie-Dominique Culioli, fille d’un pharmacien corse de Vico[11], mais Ă©galement niĂšce d'Achille Peretti, alors maire de Neuilly[12]. Son tĂ©moin de mariage est Charles Pasqua. Deux fils naissent de cette union, Pierre (nĂ© en 1985) et Jean (nĂ© en 1986).

En 1984, il rencontre CĂ©cilia Ciganer-AlbĂ©niz, lorsqu’en qualitĂ© de maire de Neuilly, il la marie Ă  l’animateur de tĂ©lĂ©vision Jacques Martin. Ils entament bientĂŽt une liaison cachĂ©e. En 1989, les deux amants quittent leurs Ă©poux respectifs et s'installent ensemble. Tandis qu'elle obtient le divorce en quatre mois, celui de Nicolas Sarkozy et de Marie-Dominique Culioli n'est prononcĂ© qu'au terme de huit ans de procĂ©dure[13]. Leur mariage a lieu quelques jours aprĂšs, le 23 octobre 1996. Ils ont pour tĂ©moins Martin Bouygues et Bernard Arnault. Leur fils, Louis, naĂźt en 1997.

AprĂšs une premiĂšre sĂ©paration temporaire en 2005, ils annoncent, dans un communiquĂ© officiel de l'ÉlysĂ©e, le 18 octobre 2007, leur « sĂ©paration par consentement mutuel[14] Â», avant d'officialiser leur divorce par consentement mutuel.

Fin dĂ©cembre 2007, Nicolas Sarkozy fait la connaissance de la chanteuse et ancienne mannequin Carla Bruni, lors d'un dĂźner en ville et des fiançailles ont lieu rapidement. Leur mariage est cĂ©lĂ©brĂ© le 2 fĂ©vrier 2008 au palais de l'ÉlysĂ©e par le maire du 8e arrondissement de Paris, François Lebel[15], avec pour tĂ©moins Nicolas Bazire et Mathilde Agostinelli pour le mariĂ©, Farida Khelfa et Marine Delterme pour la mariĂ©e.

CarriĂšre politique

Formation

Il adhĂšre Ă  l’Union des dĂ©mocrates pour la RĂ©publique (UDR) en 1974 oĂč il rencontre Charles Pasqua et milite pour l’élection de Jacques Chaban-Delmas. En 1975, il devient le dĂ©lĂ©guĂ© dĂ©partemental des jeunes des Hauts-de-Seine. En 1976, il adhĂšre au Rassemblement pour la RĂ©publique (RPR) nouvellement créé, sous le parrainage de Charles Pasqua Ă  propos duquel il dĂ©clare en 1983 « tout le monde sait que je suis son double Â». Il devient responsable de la section de Neuilly en 1976, secrĂ©taire de la circonscription Neuilly-Puteaux en 1977, et est Ă©lu conseiller municipal de Neuilly en 1977.

Il est président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac en 1980[16].

En 1983, il devient maire de Neuilly-sur-Seine Ă  28 ans, succĂ©dant Ă  Achille Peretti, dĂ©cĂ©dĂ© d'un arrĂȘt cardiaque lors d'une rĂ©ception officielle. ChargĂ© d'organiser la primaire au sein de la droite pour la succession d'Achille Peretti[11], il prend de court le prĂ©tendant en titre, Charles Pasqua, alors hospitalisĂ© pour l’opĂ©ration d’une hernie[17].

Il est chargé de mission de 1987 à mai 1988 pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du ministÚre de l'Intérieur[18], une fonction qui donne lieu à polémiques en 2007[19].

Il devient député à 34 ans et ministre du Budget à 38 ans.

Le gouvernement Balladur et le ministĂšre du Budget (1993-1995)

Lors de la large victoire de la droite aux Ă©lections lĂ©gislatives de mars 1993, Nicolas Sarkozy est réélu dĂ©putĂ© de Neuilly au premier tour avec 64,9 % des voix, puis nommĂ© ministre du Budget dans le gouvernement Édouard Balladur. En tant que porte-parole du gouvernement[20] il commence Ă  se faire connaĂźtre du grand public.

L'affaire Human Bomb

IcĂŽne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Affaire de la maternelle de Neuilly.

Le 13 mai 1993, lors de l’affaire de la maternelle de Neuilly, ville dont il est maire, Nicolas Sarkozy nĂ©gocie directement avec Érick Schmitt, alias Human Bomb. Ce dernier, cagoulĂ© et armĂ© d'un pistolet et d'une charge d'explosifs, retient en otage 21 enfants dans une classe de maternelle. Il est finalement abattu par le RAID. Bien que le rĂŽle de Sarkozy soit discutĂ©, il vaut au maire de Neuilly la mĂ©daille du RAID.

Le soutien Ă  Édouard Balladur, la « traversĂ©e du dĂ©sert Â» et le retour en grĂące

En 1995, il soutient Édouard Balladur[21] contre Jacques Chirac pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle. Il abandonne son poste de porte-parole du gouvernement pour devenir porte-parole et directeur de campagne du candidat Balladur. Celui-ci est longtemps favori dans les sondages, mais il se retrouve finalement Ă©liminĂ© dĂšs le premier tour, avec seulement 18,6 % des suffrages. Le 5 mai, lors du dernier meeting de Jacques Chirac avant le second tour, Nicolas Sarkozy est sifflĂ© et huĂ©. À la suite de la victoire du prĂ©sident du RPR, il n'obtient aucun poste ministĂ©riel dans le gouvernement JuppĂ©. Au cours d'un bref passage Ă  une rĂ©union nationale du RPR, le 15 octobre, il est Ă  nouveau conspuĂ©. C'est le dĂ©but d'une « traversĂ©e du dĂ©sert Â» qui durera jusqu'en 1997.

Pendant l'Ă©tĂ© 1995, sous le pseudonyme « Mazarin Â», il publie dans le journal Les Échos une sĂ©rie de lettres intitulĂ©es « Les Lettres de mon chĂąteau Â» sensĂ©es reprĂ©senter la correspondance fictive de Jacques Chirac avec diverses personnalitĂ©s du monde politique[22].

En 1997, la victoire législative de la gauche favorise son retour en grùce, grùce à Dominique de Villepin. De 1997 à 1999, il est secrétaire général du RPR, dont Philippe Séguin est le président.

Les élections européennes de 1999

D'avril Ă  octobre 1999, Nicolas Sarkozy devient prĂ©sident par intĂ©rim du RPR, succĂ©dant Ă  Philippe SĂ©guin, qui en avait dĂ©missionnĂ© brutalement. Il conduit conjointement avec Alain Madelin la liste RPR-DL aux Ă©lections europĂ©ennes de 1999 et devient tĂȘte de liste aprĂšs le dĂ©part de Philippe SĂ©guin. Ces Ă©lections sont marquĂ©es par une sĂ©vĂšre dĂ©faite : la liste arrive en troisiĂšme position avec seulement 12,82 % des suffrages (en comparaison, la liste d'union RPR-UDF qui avait Ă©tĂ© conduite par Dominique Baudis en 1994 Ă©tait arrivĂ©e en premiĂšre place avec 25,58 %), et obtient un rĂ©sultat infĂ©rieur Ă  la liste menĂ©e par Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13,05 %). Il confiera alors Ă  ce dernier : « Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intĂ©resse qu’à l’avenir... Â»[23].

DĂ©missionnant de la prĂ©sidence par intĂ©rim du RPR le 14 juin 1999, il renonce alors Ă  toute responsabilitĂ© au sein du parti et se retire de la politique nationale. Il assiste tout de mĂȘme, en 2001, au 25e anniversaire de la crĂ©ation du RPR. Pendant cette pĂ©riode, il rejoint le cabinet d'avocats oĂč il exerce et publie en 2001 un livre, Libre.

La XIIe législature (2002-2007)

La XIIe lĂ©gislature est une pĂ©riode d'ascension pour Nicolas Sarkozy, tant politique – gouvernementale et de parti – que mĂ©diatique et populaire. Il est réélu dĂ©putĂ© de Puteaux et de Neuilly-sur-Seine, Ă  l'occasion des Ă©lections lĂ©gislatives de 2002. Il est le dĂ©putĂ© de droite le mieux Ă©lu, avec 68,78 % des voix. AprĂšs le 21 avril 2002, il devient la cible privilĂ©giĂ©e des critiques de l'opposition.

Gouvernements Raffarin
Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, dans le RER A (transports Parisiens), le 13 mai 2002.

Ministre de l'Intérieur (2002-2004)

En 2002, il soutient la réélection de Jacques Chirac. Celui-ci lui prĂ©fĂšre Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre et nomme Nicolas Sarkozy ministre de l'IntĂ©rieur. Il impose un style « musclĂ© Â» et fait de la sĂ©curitĂ© sa prioritĂ©, dĂ©clarant vouloir s'affirmer par l'action.

Il organise avec Gilles de Robien, ministre des Transports, une politique plus répressive sur les excÚs de vitesse destinée à renforcer la sécurité routiÚre. Cette politique dont l'aspect le plus emblématique sera la multiplication des radars automatiques sur les routes contribue à une baisse notable du nombre d'accidentés.

Il soutient la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM) initiée en 1999 par Jean-Pierre ChevÚnement et intervient sur les dossiers de l'éducation et des retraites.

Par la loi sur la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure du 18 mars 2003[24], complĂ©tĂ©e par la Loi Perben[25], le fichage ADN, instaurĂ© en 1998 et limitĂ© Ă  l'origine aux dĂ©linquants sexuels, a Ă©tĂ© Ă©tendu Ă  toute personne soupçonnĂ©e d'un quelconque dĂ©lit (sauf dĂ©lit d'initiĂ© ou financier), et laissĂ© au libre choix des policiers et des gendarmes, sans que les preuves de culpabilitĂ© ne soient obligatoirement Ă©tablies[26]. Cette loi a notamment permis le fichage gĂ©nĂ©tique de faucheurs d'OGM, d'Ă©tudiants anti-CPE[27]. Les personnes refusant de se laisser ficher risquent jusqu'Ă  15 000 euros d'amende et un an de prison.

MalgrĂ© sa connaissance du tissu social corse grĂące Ă  ses liens familiaux[11], sa politique dans l'Ăźle est marquĂ©e par le rejet de la proposition de rĂ©organisation administrative pour laquelle Nicolas Sarkozy s'Ă©tait engagĂ©, suite au rĂ©fĂ©rendum local en date du 6 juillet 2003. Yvan Colonna, recherchĂ© dans le cadre de l'enquĂȘte sur l'assassinat du prĂ©fet Claude Érignac, est arrĂȘtĂ© aprĂšs une cavale de quatre ans, l'avant-veille de ce rĂ©fĂ©rendum ; les familles Colonna et Culioli-Sarkozy se cĂŽtoyant[11]. Colonna, finalement condamnĂ© Ă  la rĂ©clusion criminelle Ă  perpĂ©tuitĂ© en 2007, a fait appel de cette dĂ©cision.

Il se donne pour objectif de mener une lutte vigoureuse contre la recrudescence d'actes antisĂ©mites en France. Son action contre l'antisĂ©mitisme est saluĂ©e par le Centre Simon-Wiesenthal qui lui dĂ©cerne son Prix de la TolĂ©rance en 2003 et le consistoire central de France, l'institution administrant le culte israĂ©lite en France, saluera « l'extrĂȘme sĂ©vĂ©ritĂ© Â» dont a fait preuve Nicolas Sarkozy dans la rĂ©pression des actes antisĂ©mites[28].

Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie (mars-novembre 2004)
Action

Il est nommĂ© ministre d'État, de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, dans le troisiĂšme gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en mars 2004, poste qu'il occupe pendant neuf mois. Il axe dans un premier temps sa politique sur la rĂ©duction du dĂ©ficit[29] ; il annonce en 2005 le respect par la France du pacte de stabilitĂ©, avec un dĂ©ficit de 2,9 % du PIB.

Au niveau industriel, il fait passer la participation de l'État de 50,4 Ă  41 % du capital de France TĂ©lĂ©com en septembre 2004, conclut le changement de statut d’EDF et GDF, et annonce la privatisation partielle du groupe Areva. Dans le secteur privĂ©, il fait intervenir l’État pour empĂȘcher le dĂ©pĂŽt de bilan du groupe Alstom et favorise la fusion Sanofi / Aventis face Ă  Novartis. En immisçant l'État français dans le marchĂ© aux dĂ©pens d'intĂ©rĂȘts allemands (participations dans Aventis et approches de Siemens pour Alstom), il irrite les dirigeants allemands[30]. Il dĂ©nonce Ă©galement les hausses de prix dans la grande distribution ou les banques, et signe des accords avec les professionnels concernĂ©s. Ces accords ont cependant Ă©tĂ© contestĂ©s lors de leur signature par les syndicats[31], puisque selon eux, ils ont eu pour consĂ©quence la rĂ©duction de postes administratifs et d’encadrement avec la suppression Ă©ventuelle de nombreux postes entre 2005 et 2007.

Nicolas Sarkozy ayant dĂ©clarĂ© son intention de prĂ©senter sa candidature Ă  l’élection prĂ©sidentielle de 2007 et laissĂ© entendre qu’il briguerait la prĂ©sidence de l’UMP suite au dĂ©part d’Alain JuppĂ©, Jacques Chirac, dans son entretien tĂ©lĂ©visĂ© du 14 juillet 2004, le met en demeure de choisir entre ce dernier poste et le ministĂšre. À une question Ă  ce propos, le prĂ©sident français lance « Je dĂ©cide, il exĂ©cute Â» qui est mal perçu par les proches de Nicolas Sarkozy. Lors du CongrĂšs du 28 novembre 2004, il est Ă©lu prĂ©sident de l’UMP par les militants avec 85,1 % des voix. Le lendemain, il prĂ©sente sa dĂ©mission Ă  Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. Il est remplacĂ© par HervĂ© Gaymard.

Bilan
  • RĂ©duction selon le ministre de 2 % en moyenne du prix des articles vendus en grandes surfaces. Selon l'observatoire professionnel ECR-IRI, les prix ont baissĂ© effectivement de 1,76 % de juin Ă  novembre 2004, « reflĂ©tant visiblement l'accord de baisse de 2 % des prix des grandes marques conclu en juin Â»[32].
  • ExonĂ©ration temporaire des donations jusqu’à 20 000 euros Ă  chaque enfant et petit-enfant pour relancer la croissance (mesure du 10 juin 2004 au 31 mai 2005). Cette mesure a Ă©tĂ© finalement prolongĂ©e et amplifiĂ©e jusqu'au 31 dĂ©cembre 2005[33].
  • Engagement Ă  ne pas privatiser EDF-GDF : « Il n’y aura donc pas de privatisation d’EDF ni de GDF [...] VoilĂ  la rĂ©alitĂ© des choses, la rĂ©alitĂ© incontournable. Â»[34]. Un an plus tard, le ministre de l'Économie du gouvernement Dominique de Villepin (dans lequel il est ministre de l'IntĂ©rieur), cherche Ă  cĂ©der des parts de GDF en vue de sa fusion avec Suez, et Nicolas Sarkozy, en tant que chef de file de l'UMP ne donne pas d'instruction contraire Ă  ses parlementaires.
  • Vente d'une partie des rĂ©serves d'or de la banque de France, ainsi que de possessions immobiliĂšres.

Gouvernement Villepin, ministre de l’IntĂ©rieur (2005-2007)
Rencontre avec des membres des forces de police en compagnie de Jean-Pierre Raffarin, le 13 mai 2002 (droit d'auteur David Mendiboure - Service photo de Matignon)

Le 31 mai 2005, deux jours aprĂšs le rĂ©sultat nĂ©gatif du rĂ©fĂ©rendum portant sur le TraitĂ© constitutionnel europĂ©en, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin dĂ©missionne. Nicolas Sarkozy est nommĂ© ministre d'État, ministre de l’IntĂ©rieur et de l’AmĂ©nagement du territoire, « numĂ©ro deux du gouvernement Â». Il cumule ainsi poste ministĂ©riel et prĂ©sidence de l’UMP, alors que ce cumul avait Ă©tĂ© jugĂ© impossible par le chef de l’État, lors de son interview du 14 juillet 2004. Il conserve Ă©galement la prĂ©sidence du conseil gĂ©nĂ©ral des Hauts-de-Seine.

  • Affaire Nelly CrĂ©mel

Au cours de l’affaire Nelly CrĂ©mel — une jeune femme assassinĂ©e par deux repris de justice tout juste libĂ©rĂ©s — Nicolas Sarkozy demande que le juge de remise des peines responsable de leur sortie de prison soit sanctionnĂ©, ce qui lui vaut un rappel Ă  l’ordre du Premier ministre et les reproches du Syndicat de la magistrature, invoquant la sĂ©paration des pouvoirs et l’indĂ©pendance de la Justice.

  • Immeubles insalubres ou dangereux

À la suite de plusieurs incendies survenus dans des immeubles insalubres, qui causĂšrent la mort de nombreuses personnes dont des enfants, Nicolas Sarkozy demande que les immeubles insalubres ou dangereux, vouĂ©s Ă  la destruction, soient Ă©vacuĂ©s. Quelques associations, dont l’association Droit au logement, voient dans cette mesure un prĂ©texte Ă  l’expulsion sans relogement des locataires et des squatteurs. En aoĂ»t 2006, Ă  Cachan, le plus important squat de France est Ă©vacuĂ© par la police. Les occupants sont finalement presque tous relogĂ©s[35].

  • Scientologie

Dans son livre La RĂ©publique, les religions, l’espĂ©rance, Nicolas Sarkozy parle de la reconnaissance des « nouveaux mouvements spirituels Â» et, aprĂšs avoir rencontrĂ©, le 30 aoĂ»t 2005, l’acteur et scientologue Tom Cruise, il affirme ne pas avoir d'opinion arrĂȘtĂ©e sur la scientologie. Pourtant, dans son livre[36], Nicolas Sarkozy avait parlĂ© de la scientologie comme d’une secte :

« Si on voulait essayer de trouver une dĂ©finition de la religion par rapport aux sectes, je pense que l’un des critĂšres les plus pertinents serait celui de la pĂ©rennitĂ© historique, car on doit convenir que l’authenticitĂ© du message spirituel est en quelque sorte lĂ©gitimĂ©e par sa pĂ©rennitĂ© au travers des gĂ©nĂ©rations [
] Les tĂ©moins de JĂ©hovah, ce n’est pas tout Ă  fait de la mĂȘme nature en termes de pĂ©rennitĂ© sĂ©culaire, les raĂ«liens encore moins, la scientologie pas davantage. Â»

  • Affaire des termes « KĂ€rcher Â» et « racaille Â»

Le 20 juin 2005, alors qu'il effectue une visite dans une citĂ© de La Courneuve, au lendemain de l'homicide d'un enfant de onze ans victime de balles perdues, il dĂ©clare : « Les voyous vont disparaĂźtre, je mettrai les effectifs qu'il faut, mais on nettoiera la CitĂ© des 4000 Â»[37]. Une dizaine de jours plus tard, toujours Ă  La Courneuve, il renchĂ©rit : « Le terme « nettoyer au KĂ€rcher Â» est le terme qui s'impose, parce qu'il faut nettoyer cela Â»[38]. Les mots « nettoyer Â» et « KĂ€rcher Â» font aussitĂŽt l'objet d'une vive polĂ©mique, Ă  l'origine de la rupture avec le ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la Promotion de l'Ă©galitĂ© des chances, Azouz Begag[39].

En septembre 2005, Nicolas Sarkozy incite les prĂ©fets Ă  la fermetĂ© contre tous ceux qui, selon lui, mettent en cause la sĂ©curitĂ© des « Français Â», en premier lieu les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les immigrĂ©s illĂ©gaux[40].

Le 26 octobre 2005, Ă  22 heures, au cours d'une visite d'un quartier d'Argenteuil, la situation est assez tendue : le ministre est insultĂ© par des jeunes du quartier et est l'objet de jets de pierres sur son passage. Les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s diffuseront Ă  de nombreuses reprises les images du ministre dĂ©clarant, en s'adressant Ă  un interlocuteur invisible Ă  l'Ă©cran : « Vous en avez assez, hein, vous avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en dĂ©barrasser Â»[41]. L'usage du mot « racaille Â» par le ministre suscita une importante polĂ©mique dans la presse, crĂ©ant l'hostilitĂ© des groupes de jeunes issus des quartiers sensibles.

L'HumanitĂ© soupçonne le ministre d'avoir dĂ©libĂ©rĂ©ment employĂ© cette expression pour occuper l'espace mĂ©diatique[42] et Le Monde fait part de l'inquiĂ©tude des jeunes des quartiers sensibles[43]. Le 6 novembre, les journalistes d'ArrĂȘt sur images prĂ©cisent que la fameuse phrase Ă©tait adressĂ©e en rĂ©ponse Ă  une habitante demandant Ă  Nicolas Sarkozy, depuis son balcon, de « dĂ©barrasser le quartier de cette racaille Â»[44]. La prĂ©sentatrice Françoise Laborde explique comment s'est opĂ©rĂ© le traitement mĂ©diatique de cette affaire : il y avait d'une part la tentation pour la tĂ©lĂ©vision d'aller au sensationnel et, d'autre part, un possible parti-pris de certains journalistes contre Nicolas Sarkozy.

  • Les Ă©meutes de 2005 dans les banlieues françaises

En octobre 2005, aprÚs la mort dans un transformateur EDF de deux adolescents qui fuyaient la police[45], des émeutes éclatent en banlieue parisienne et en province.

Nicolas Sarkozy prĂŽne la « tolĂ©rance zĂ©ro Â» et annonce que les immigrĂ©s illĂ©gaux qui ont participĂ© aux Ă©meutes seront expulsĂ©s du territoire. Alors qu'une partie de la gauche rĂ©clame la dĂ©mission du ministre et que certains mĂ©dias[Qui ?] entament une campagne contre lui, un sondage annonce qu'une majoritĂ© de Français lui est favorable[46].

Au terme de ces Ă©meutes, sur les 2 734 personnes placĂ©es en garde Ă  vue, 597 personnes ont Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©es et une a Ă©tĂ© expulsĂ©e[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Outre la duretĂ© des affrontements et les dĂ©gĂąts considĂ©rables — Ă©valuĂ©s Ă  plusieurs dizaines de millions d’euros — qu'engendrĂšrent les Ă©meutiers par la destruction d'Ă©coles, de bibliothĂšques et d'entreprises ou par l'incendie de vĂ©hicules automobiles, on dĂ©nombra un mort et une blessĂ©e grave.

Selon Nicolas Sarkozy, les Ă©meutes sont le fait de « bandes organisĂ©es Â», de « vĂ©ritables mafias Â». Un rapport des Renseignements gĂ©nĂ©raux rendu public suggĂšre, quant Ă  lui, une « rĂ©volte populaire des citĂ©s Â» spontanĂ©e, due Ă  la condition sociale des Ă©meutiers et non Ă  leur origine ethnique ou gĂ©ographique, ajoutant que rĂ©duire ces Ă©vĂ©nements « Ă  de simples violences urbaines serait une erreur d'analyse Â»[47].

Deux ans aprĂšs les faits, les affirmations[48] de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin sur les circonstances du drame initial n'ont pas Ă©tĂ© confirmĂ©es et les parents des deux jeunes morts dans le transformateur EDF attendent le rĂ©sultat de l'enquĂȘte concernant deux policiers [49]

  • PolĂ©mique sur la baisse de la dĂ©linquance

Julien Dray, spĂ©cialiste des questions de sĂ©curitĂ© au Parti socialiste, dĂ©clare Ă  propos de Nicolas Sarkozy que « son bilan sur la sĂ©curitĂ© est mitigĂ© Â». Il nuance et critique les rĂ©sultats, rappelant que, s’il existe une baisse gĂ©nĂ©rale des crimes et dĂ©lits entre 2002 et 2005, ceux-ci ont augmentĂ© dans les quartiers sensibles. Le 10 janvier 2007, l'Express [50] dĂ©taille les chiffres officiels de la dĂ©linquance en distinguant les atteintes aux biens et les violences aux personnes et affirme que, sur la pĂ©riode 2001-2006, les premiĂšres ont baissĂ© de plus de 17 %, alors que les secondes ont augmentĂ© de prĂšs de 20 % en moyenne nationale.

  • Contrat premiĂšre embauche

En janvier 2006, Dominique de Villepin annonce la mise en place d'un Contrat premiĂšre embauche destinĂ© Ă  rĂ©duire le chĂŽmage des jeunes. Au terme des protestations qui survinrent aprĂšs les vacances scolaires et universitaires de fĂ©vrier, Nicolas Sarkozy prend ses distances avec ce projet. L'UMP prĂ©cise alors que « les propositions prĂ©sentĂ©es par Dominique de Villepin ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es Ă  la suite de plusieurs entretiens avec Nicolas Sarkozy Â» et que « ce contrat est issu d’une proposition de la Convention thĂ©matique de l’UMP Â» qui s'appuie sur les rĂ©flexions dĂ©veloppĂ©es par des proches de Nicolas Sarkozy pour la rĂ©forme des contrats de travail.

Durant la crise qui a opposé le gouvernement et les syndicats d'étudiants et de travailleurs, Nicolas Sarkozy tiendra uniquement son rÎle de ministre de l'Intérieur et s'exprimera peu sur la loi sur l'égalité des chances. Certains députés de l'UMP, comme Hervé de Charette[51], prendront position au sein de l'Assemblée nationale afin d'inciter le gouvernement à discuter avec les syndicats et à mettre fin à une crise devenue nationale[52].

Le 31 mars 2006, Jacques Chirac annonce l'amĂ©nagement du CPE, et confie la conception de la nouvelle loi aux parlementaires de l'UMP. Le 10 avril 2006, il annonce le « remplacement Â» du CPE par des mesures plus ciblĂ©es sur les jeunes non diplĂŽmĂ©s. Les diffĂ©rents sondages montrent que Nicolas Sarkozy semble peu affectĂ© en termes de popularitĂ© par la crise, contrairement aux deux chefs de l'exĂ©cutif[53], mais le Parti socialiste cherche Ă  l'impliquer en parlant du trio « Chirac-Villepin-Sarkozy[54] Â», alors que Sarkozy joue la solidaritĂ© avec le Premier ministre, saluant l'« attitude respectable[55] Â» de Dominique de Villepin. Selon Le Monde, ses relations avec le prĂ©sident ressortent bien meilleures de cette crise[56].

  • Loi relative Ă  l'immigration et Ă  l'intĂ©gration

Cette loi, engagĂ©e par Nicolas Sarkozy en 2006, propose une Ă©volution significative du droit de l’immigration en France. Elle se prĂ©sente comme l’instrument de la mise en Ɠuvre d’une « immigration choisie au lieu d’une immigration subie Â». Elle se concentre sur deux points :

- Durcissement des conditions de rĂ©gularisation des sans-papiers et du regroupement familial. La Ligue des droits de l'Homme et le RĂ©seau Ă©ducation sans frontiĂšres, qui luttent depuis 2004 contre l’expulsion de France d’enfants mineurs scolarisĂ©s ayant des parents « sans-papiers Â», qualifient ces mesures de « rĂ©gression sĂ©curitaire Â» et Nicolas Sarkozy de « ministre de la Chasse aux enfants Â». DĂ©but juin 2006, le ministre donne des directives pour que des familles de ce type soient rĂ©gularisĂ©es. D’aprĂšs le RESF, 80 % des personnes visĂ©es ne sont pas concernĂ©es par ces nouvelles directives. Au cours de l'Ă©tĂ©, Nicolas Sarkozy annonce 6 000 rĂ©gularisations, soit un cinquiĂšme des demandes. Parmi les rĂ©actions, Jack Lang dĂ©plore qu’il ne s’agisse pas d’une rĂ©gularisation massive, comme dans d’autres pays europĂ©ens, tandis que Philippe de Villiers exprime son refus des rĂ©gularisations et son souhait d’expulser tous les immigrĂ©s illĂ©gaux. Le ministre annonce des rĂ©gularisations limitĂ©es en nombre et Ă©tudiĂ©es au cas par cas.
- Retour Ă  une politique officielle d'immigration de travailleurs dans plusieurs secteurs de l’économie (BTP, restauration, travail saisonnier, vente, informatique, etc.). Plusieurs dirigeants africains s'Ă©lĂšvent contre cette proposition, dont le prĂ©sident sĂ©nĂ©galais Abdoulaye Wade, qui estime qu’il s’agit d’un « pillage des Ă©lites Â». Nicolas Sarkozy se rend au SĂ©nĂ©gal et au Mali pour tenter d’expliquer sa loi, mais il est chahutĂ© et accusĂ© de racisme[57]. Finalement en septembre 2006, il signe avec Abdoulaye Wade un accord sur une politique d’immigration concertĂ©e[58].

  • Affaire des mosquĂ©es de Roissy

AprĂšs la sortie du livre Les MosquĂ©es de Roissy de Philippe de Villiers, livre qui traite du pĂ©ril islamiste qui pĂšserait sur l’aĂ©roport Roissy-Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy indique qu’il y aurait 122 individus « plus ou moins Â» suspects travaillant Ă  Roissy sur 83 000 habilitations dĂ©livrĂ©es et annonce qu'ils feront l’objet de procĂ©dures d’abrogation d’habilitation[59].

Le 21 octobre 2006, le ministre justifie l’abrogation de 43 habilitations au motif que ces personnes auraient des « pratiques radicales Â» et qu’il prĂ©fĂ©rait risquer « un contentieux devant un tribunal plutĂŽt qu’un drame Â»[60]. Quatre bagagistes, dont les habilitations ont Ă©tĂ© retirĂ©es par le prĂ©fet, effectuent un recours devant le tribunal administratif de Bobigny et demandent Ă  considĂ©rer que le retrait de cette habilitation est discriminatoire, car fondĂ© sur leur pratique de la religion musulmane ou leurs idĂ©es politiques.

Alors que la CFDT porte plainte auprĂšs du procureur de la RĂ©publique de Bobigny pour discrimination, la CFTC d’Air France annonce la grĂšve et dĂ©nonce un « durcissement Â» dans l’attribution des badges aĂ©roportuaires[61]. Le MRAP dĂ©nonce les « ravages de la stigmatisation Â»[62] et dĂ©cide de poursuivre le prĂ©fet pour discrimination en raison des origines ethniques [63].

L’administration, de son cĂŽtĂ©, souligne l’existence de cas inquiĂ©tants, comme celui d’un bagagiste français qui aurait passĂ© trois annĂ©es au YĂ©men, oĂč il aurait sĂ©journĂ© dans un camp d’entraĂźnement militaire tenu par des islamistes[64].

À l’issue des premiĂšres procĂ©dures devant les tribunaux, quatre employĂ©s sur une petite dizaine de requĂ©rants ont obtenu gain de cause et ont pu rĂ©cupĂ©rer leur badge[65].

  • Loi sur la prĂ©vention de la dĂ©linquance

Nicolas Sarkozy a initié, dÚs 2006, un projet de loi sur la prévention de la délinquance. Parmi les points-clés de ce projet, il a insisté pour que soient détectés, dÚs le plus jeune ùge, d'éventuels troubles du comportement. La loi a été votée et validée par le Conseil constitutionnel, mis à part deux articles qui prévoyaient la responsabilisation des magistrats instructeurs.

  • ContrĂŽle des activitĂ©s sur Internet

Nicolas Sarkozy tient aussi Ă  durcir et Ă  rĂ©primer fortement les activitĂ©s de dĂ©linquance sur Internet, en particulier la diffusion de scĂšnes de violence, visant le happy slapping, avec un emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans. Pour ce faire, il prĂŽne la rĂ©tention par les FAI de toutes les donnĂ©es de connexion pendant 1 an. La Ligue ODEBI, organisation indĂ©pendante de dĂ©fense des libertĂ©s numĂ©riques[66], dĂ©nonce le fait que la diffusion d'images de violences policiĂšres devienne ainsi condamnable, entraĂźnant jusqu'Ă  5 ans d'emprisonnement lorsque les images sont diffusĂ©es par de simples citoyens.

Bilan

Le 8 juin 2006, lors d’une confĂ©rence de presse, Nicolas Sarkozy prĂ©sente un bilan de son action au ministĂšre de l’IntĂ©rieur depuis son arrivĂ©e en 2002. Dans ce bilan, il prĂ©sente des chiffres issus d’études de l’Observatoire national de la dĂ©linquance (OND)[67] rĂ©alisĂ©es depuis 1998. Ces chiffres lui permettent de comparer la pĂ©riode oĂč il est (mais aussi partiellement Dominique de Villepin) ministre de l’IntĂ©rieur, aux annĂ©es de lĂ©gislature socialiste. Les chiffres de l’insĂ©curitĂ© qu’il prĂ©sente sont globalement en baisse (en moyenne de 3 %[rĂ©f. nĂ©cessaire]) sur la pĂ©riode 2002-2005, Ă  l’exception des violences aux personnes, en nette hausse (9 % selon le MinistĂšre de la Justice). Cette tendance se serait poursuivie en 2006 (dĂ©linquance globalement en baisse mais hausse des violences aux personnes)[68]. Le taux d’élucidation prĂ©sente une amĂ©lioration en passant de 26,3 % en 2002 Ă  31,8 % selon l’INSEE[69], bien que la mĂ©thode de calcul de ce taux ait Ă©tĂ© discutĂ©e[70]. Le Canard enchaĂźnĂ© attribue la baisse de la dĂ©linquance Ă  la forte baisse des vols de tĂ©lĂ©phones portables[71], responsables Ă  eux seuls de 40 % des infractions.

En rĂ©action Ă  ce bilan, qui n’intĂšgre pas le nombre de voitures brĂ»lĂ©es et les dĂ©gradations volontaires commises lors des Ă©meutes de fin 2005, le Parti socialiste invoque la forte augmentation des violences faites aux personnes[72]durant le ministĂšre de Nicolas Sarkozy et Ă©tablit des liens entre cette augmentation et les dĂ©cisions du ministre, qu’il avait critiquĂ©es[73]. Il affirme aussi que la notation des fonctionnaires de police, qui dĂ©pend dĂ©sormais du nombre d’infractions constatĂ©es[74], introduit un biais Ă  la baisse des statistiques collectĂ©es, dont l’exactitude devient contestable, et souligne Ă  cet Ă©gard que la comptabilisation des violences aux personnes, en hausse, est prĂ©cisĂ©ment obligatoire. En rĂ©action Ă  ce mĂȘme bilan, Alain Bauer, prĂ©sident de l’observatoire national de la dĂ©linquance, prĂ©cise que l’indicateur de la violence continue d’augmenter inexorablement chaque annĂ©e quelle que soit la lĂ©gislature au pouvoir.

En matiĂšre de sĂ©curitĂ© routiĂšre, la politique de contrĂŽle et de rĂ©pression qu’il a mise en place aurait permis de rĂ©duire le nombre de tuĂ©s de 7 242 en 2002 Ă  4 703 en 2006, soit une baisse de 35 % en l’espace de quatre ans[75]. On observe, cependant, en 2007, une remontĂ©e des chiffres (+ 6 % de tuĂ©s, + 10 % de blessĂ©s entre 2006 et 2007, sur les trois premiers mois, selon certains experts, cette parenthĂšse serait due au relĂąchement des automobilistes[76], tandis que l'Observatoire national interministĂ©riel de sĂ©curitĂ© routiĂšre l'impute Ă  la grande stabilitĂ© des vitesses moyennes pratiquĂ©es, une lĂ©gĂšre dĂ©gradation en matiĂšre d'alcoolĂ©mie et une reprise de l'augmentation du trafic[77]).

En matiĂšre d’immigration, l’immigration lĂ©gale continue de se dĂ©velopper, mais Ă  un rythme moins soutenu, en raison de la baisse du nombre de titres de sĂ©jour dĂ©livrĂ©s : - 2,57 % en 2005 par rapport Ă  2004. Cette baisse du nombre de titres dĂ©livrĂ©s est la premiĂšre depuis 10 ans. En parallĂšle, les expulsions d’immigrĂ©s clandestins ont doublĂ© entre 2000 et 2005, passant de 10 000 Ă  20 000[78].

AprĂšs que Nicolas Sarkozy a exprimĂ© son souhait de dĂ©missionner du ministĂšre de l'IntĂ©rieur pour s'investir Ă  temps plein dans la campagne pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle de 2007[79], c'est le 19 mars 2007 que Jacques Chirac annonce la date de dĂ©mission du ministre de l'IntĂ©rieur : Nicolas Sarkozy quitte ses fonctions le 26 mars, laissant la place Ă  François Baroin.

Campagne présidentielle de 2007

IcĂŽne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Élection prĂ©sidentielle française de 2007.
Le siĂšge de campagne de Nicolas Sarkozy, rue d'Enghien, Paris Xe
Nicolas Sarkozy en campagne, lors de son meeting tenu Ă  Toulouse le 12 avril 2007
Manifestants défilant contre Nicolas Sarkozy entre les deux tours

Nicolas Sarkozy rend publique sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 dans une interview à la presse régionale réalisée le 29 novembre 2006[80].

Les mots d'ordre de sa campagne sont la restauration de la confiance dans la politique, « travailler plus pour gagner plus Â» (slogan empruntĂ© au MEDEF[81],[82]), « la rupture tranquille Â», et « l'ordre en mouvement Â» (s'opposant par lĂ  au slogan de l'« ordre juste Â» de sa concurrente SĂ©golĂšne Royal, qu'il jugeait immobiliste). Les journalistes y voient une rĂ©fĂ©rence au slogan de François Mitterrand, la « force tranquille Â»[83],[84].

Le 10 janvier 2007, le Parti socialiste rend public un ouvrage rĂ©digĂ© par Éric Besson et intitulĂ© L’inquiĂ©tante « rupture tranquille Â» de Monsieur Sarkozy[85] dans lequel ce dernier est accusĂ© de dissimuler une idĂ©ologie de « nĂ©o-conservateur amĂ©ricain Ă  passeport français Â» derriĂšre des apparences de pragmatisme[86]. L'UMP rĂ©agit vivement, parlant d'« attaques personnelles aux accents xĂ©nophobes douteux Â» ; Yves Jego parle d'« une caricature malhonnĂȘte Â»[87]. Éric Besson dĂ©clare par la suite qu'il s'agissait « d'une entreprise dĂ©libĂ©rĂ©ment conçue de diabolisation Â» organisĂ©e par le PS. Le Parti socialiste adopte alors, selon les partisans de Nicolas Sarkozy, une tactique de diabolisation dite TSS (Tout Sauf Sarkozy)[88]

Le dimanche 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy, seul candidat, est dĂ©signĂ© candidat de l'UMP Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle suite Ă  un vote en sa faveur de 98,09 % des votants et un taux de participation de 69,06 % des adhĂ©rents, durant un congrĂšs de l'UMP rĂ©unissant entre 30 000 et 110 000 personnes suivant les sources[89].

Le lundi 26 mars 2007, Nicolas Sarkozy quitte le ministĂšre de l'IntĂ©rieur pour se consacrer pleinement Ă  sa campagne prĂ©sidentielle, espĂ©rant vaincre « la barriĂšre du ministre d'État Â» et ouvrant une « nouvelle Ă©tape de la campagne Â» ; François Baroin prend sa succession place Beauvau.

Au premier tour, le 22 avril 2007, Nicolas Sarkozy obtient, avec 31,18 % des suffrages exprimĂ©s, le 2e plus haut score relatif pour un candidat de la droite rĂ©publicaine[90],[91]. AprĂšs un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ©, il remporte le second tour le 6 mai avec 53,06 % des suffrages (18 983 138 voix) face Ă  SĂ©golĂšne Royal : il est Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique.

À l'annonce des rĂ©sultats, des rassemblements d'opposants de gauche Ă  Nicolas Sarkozy se forment dans une quinzaine de grandes villes de France. Quelques rassemblements partent en Ă©meutes gĂ©nĂ©ralisĂ©es. Les deux nuits suivantes sont Ă©maillĂ©es de violences, mais Ă  moindre Ă©chelle. Les violences continuent jusqu'Ă  la fin de la semaine dans certaines villes.

Le 14 mai 2007, il annonce sa démission de la présidence de l'UMP.

La présidence de la République

Nicolas Sarkozy, le jour de son investiture


Nicolas Sarkozy a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique le 6 mai 2007 avec 53,06 % des suffrages exprimĂ©s (18 983 138 suffrages) contre 46,94 % pour SĂ©golĂšne Royal (16 790 440 suffrages), devenant le 23e prĂ©sident de la RĂ©publique française et le 6e prĂ©sident de la Ve RĂ©publique.

La passation des pouvoirs avec son prédécesseur Jacques Chirac a lieu le 16 mai 2007[92]. Dans l'aprÚs-midi, Nicolas Sarkozy rend hommage, à la cascade du Bois de Boulogne, aux 35 jeunes Français résistants assassinés en août 1944 par les nazis, comme à Guy MÎquet résistant communiste de 17 ans, fusillé à Chùteaubriant en octobre 1941, puis il se rend à Berlin pour rencontrer la chanceliÚre allemande Angela Merkel.

Gouvernements Fillon
IcĂŽne de dĂ©tail Articles dĂ©taillĂ©s : Gouvernement François Fillon (1) et Gouvernement François Fillon (2).

Le 17 mai, il nomme son premier Premier ministre François Fillon qui forme le 18 mai un gouvernement rĂ©duit Ă  15 ministres (huit hommes, sept femmes), auxquels s'ajoutent quatre secrĂ©taires d'État et un haut-commissaire masculins. Le gouvernement s'ouvre Ă  plusieurs personnalitĂ©s de gauche, du centre droit et de la sociĂ©tĂ© civile. Le ministĂšre de l'Économie et des Finances est scindĂ© en deux, l'un chargĂ© du budget de l'État, l'autre de la stratĂ©gie Ă©conomique et du dĂ©veloppement. ConformĂ©ment au Pacte Ă©cologique signĂ© par Nicolas Sarkozy durant la campagne prĂ©sidentielle, Alain JuppĂ© prend la tĂȘte d'un grand ministĂšre alliant l'Ă©cologie, l'amĂ©nagement territorial et le transport.Le ministĂšre de l'immigration, de l'intĂ©gration, de l'identitĂ© nationale et du codĂ©veloppement (qui avait Ă©tĂ© sujet Ă  polĂ©mique) apparaĂźt.

À l'issue du second tour des Ă©lections lĂ©gislatives de 2007, l'UMP garde la majoritĂ© absolue Ă  l'AssemblĂ©e nationale avec ses 313 membres. ConformĂ©ment aux traditions rĂ©publicaines, François Fillon lui remet sa dĂ©mission le 18 juin et Nicolas Sarkozy le reconduit immĂ©diatement dans sa fonction pour former un nouveau gouvernement, sans la prĂ©sence d'Alain JuppĂ©, seul ministre battu dans sa circonscription.

Le 18 mars 2008, suite Ă  la dĂ©faite de la droite aux Ă©lections municipales et cantonales, Nicolas Sarkozy procĂšde Ă  un remaniement ministĂ©riel, faisant entrer six nouveaux secrĂ©taires d'État dans le gouvernement.

Cabinet

Composition du cabinet de M. Nicolas Sarkozy, PrĂ©sident de la RĂ©publique, au 8 avril 2008 (Journal Officiel) :

  • SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral : Claude GuĂ©ant
  • Chef de l'État-major particulier : vice-amiral d'escadre Édouard Guillaud
  • Conseiller spĂ©cial du PrĂ©sident de la RĂ©publique : Henri Guaino
  • Conseillers du PrĂ©sident de la RĂ©publique : Raymond Soubie et Catherine PĂ©gard
  • Conseiller diplomatique et sherpa : Jean-David Levitte
  • SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint : François PĂ©rol
  • Directrice de cabinet : Emmanuelle Mignon, remplacĂ©e par Christian FrĂ©mont Ă  partir du 28 juillet 2008[93]
  • Conseillers Ă  la prĂ©sidence : Franck Louvrier, Arnold Munnich et Patrick Ouart, puis Emmanuelle Mignon (Ă  partir du 28 juillet 2008)[93]
  • Chef de cabinet : CĂ©dric Goubet
  • Chef de cabinet adjoint : Samuel Fringant

Précédent cabinet (du mai 2007 à avril 2008):

  • SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral : Claude GuĂ©ant
  • Chef de l'État-major particulier : vice-amiral d'escadre Édouard Guillaud
  • Conseiller spĂ©cial du prĂ©sident : Henri Guaino
  • Conseillers du prĂ©sident : Raymond Soubie et Catherine PĂ©gard
  • Conseiller diplomatique et sherpa : Jean-David Levitte
  • SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint : François PĂ©rol
  • Directrice de cabinet : Emmanuelle Mignon
  • Conseillers Ă  la prĂ©sidence : Georges-Marc Benamou (culture), Arnold Munnich et Patrick Ouart
  • Chef de cabinet : CĂ©dric Goubet

Politique intérieure
IcĂŽne de dĂ©tail Article connexe : Politique du gouvernement Fillon.

Nicolas Sarkozy a engagĂ© une partie des rĂ©formes pour lesquelles il a Ă©tĂ© Ă©lu. La loi TEPA a Ă©tĂ© votĂ©e en aoĂ»t 2007 ; plusieurs lois ont Ă©tĂ© votĂ©es pour limiter l’immigration irrĂ©guliĂšre, et la rĂ©cidive.

Le 31 dĂ©cembre 2007 Ă  20h00, Nicolas Sarkozy adresse ses premiers vƓux de prĂ©sident de la RĂ©publique aux Français en « bousculant le protocole Â», puisqu'il les prononce « en direct Â». Dans ces vƓux, le prĂ©sident Sarkozy a Ă©voquĂ© « l'urgence des rĂ©formes Â» et une « politique de civilisation Â»; il a surtout annoncĂ© une « nouvelle Renaissance Â». Il a estimĂ© avoir entrepris depuis le dĂ©but de son mandat « beaucoup de changements profonds Â».

Le 8 janvier 2008, il est, pour la premiÚre fois depuis son élection, en conférence de presse devant 500 journalistes, répondant à leurs questions, notamment sur le pouvoir d'achat, mais aussi sur d'autres sujets dont sa vie privée particuliÚrement médiatisée.

Politique internationale
Nicolas Sarkozy et George W. Bush en novembre 2007.

Les dĂ©buts de la politique internationale de Nicolas Sarkozy sont marquĂ©s par un activisme important dans de nombreux domaines, ce qui est perçu comme une volontĂ© d'incarner la « rupture Â» promise pendant la campagne. La nomination du socialiste Bernard Kouchner Ă  la tĂȘte du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres est ainsi vue comme un symbole.

Nicolas Sarkozy avait durant sa campagne prĂ©sidentielle[94], voulu que la France prenne la dĂ©fense des femmes, et notamment celle d'Íngrid Betancourt otage des FARC en Colombie et des infirmiĂšres bulgares prisonniĂšres en Libye.

Nicolas Sarkozy a finalisĂ© la libĂ©ration des infirmiĂšres et du mĂ©decin bulgares, sur laquelle la commission europĂ©enne a travaillĂ© plusieurs annĂ©es. Quelques jours avant leur libĂ©ration CĂ©cilia Sarkozy se rend sur place afin d'agir pour leur libĂ©ration[95]. Le 24 juillet 2007, les infirmiĂšres bulgares sont libĂ©rĂ©es et transfĂ©rĂ©es en Bulgarie Ă  bord d'un avion de la RĂ©publique française[96]. Le mĂȘme jour, le conseil municipal de la capitale bulgare, Sofia, dĂ©cide d'accorder la citoyennetĂ© d'honneur de la ville aux trois personnes considĂ©rĂ©es comme les principaux artisans de cette libĂ©ration : Nicolas et CĂ©cilia Sarkozy ainsi que la Commissaire europĂ©enne aux Affaires extĂ©rieures Benita Ferrero-Waldner[97].

Le 3 octobre 2007, Nicolas Sarkozy reçoit le primat russe Alexis II de Moscou, lors de la premiÚre visite d'un patriarche russe en France.[98]

Le 20 dĂ©cembre 2007, recevant le titre de chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran, attachĂ© Ă  la fonction prĂ©sidentielle, il prononce un discours, appelĂ© discours du Latran, oĂč il fait rĂ©fĂ©rence Ă  la rĂ©cente encyclique Spe Salvi, rappelle les liens qui unissent la France et le Saint-SiĂšge et souhaite une laĂŻcitĂ© moins rigide selon lui, qu'il appelle « laĂŻcitĂ© positive Â»[99]. Certaines personnalitĂ©s politiques telles que François Bayrou[100] ou Corinne Lepage[101] s'en sont Ă©mus, indiquant que ce discours parlant de « laĂŻcitĂ© positive Â» ouvrait la voie au communautarisme. Concernant la citoyennetĂ© des catholiques, dans ce discours, il apparaĂźt que Nicolas Sarkozy s'appuie notamment sur l'historien Jean SĂ©villia[102].

Afghanistan
IcĂŽne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Guerre d'Afghanistan (2001).

MalgrĂ© le fait qu'il avait suggĂ©rĂ© un retrait des troupes françaises prĂ©sentes dans le cadre de la force internationale d'assistance et de sĂ©curitĂ© sous l'Ă©gide de l'OTAN et mandatĂ© par le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies pendant la campagne Ă©lectorale de 2005, Nicolas Sarkozy annonce dĂšs novembre 2007 un renforcement des effectifs militaires français, prĂ©cisant que « l'Ă©chec n'est pas une option Â»[103] [104].

AprÚs l'embuscade de Surobi qui a fait 10 morts parmi les troupes française le 18 août 2008, qui sont les pertes les plus élevé pour l'armée française en un seul combat depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, et les plus grandes pertes au combat pour la coalition en Afghanistan depuis 2001, il réaffirme l'engagement de la France au cÎté de l'OTAN[105]. Un vote à l'assemblée nationale contre le maintien des troupes en Afghanistan par l'opposition échoue le 22 septembre 2008[104].

Afrique
IcĂŽne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Discours de Dakar.

Quelques semaines aprĂšs son Ă©lection, Nicolas Sarkozy a effectuĂ© deux voyages en Afrique, l'un en Libye, l'autre en Afrique de l'Ouest. Il a notamment prononcĂ© un long discours[106] Ă  l'UniversitĂ© Cheikh Anta Diop Ă  Dakar. Dans ce discours, rĂ©digĂ© par Henri Guaino, le PrĂ©sident français dĂ©clare notamment que la colonisation fut une faute tout en estimant que le problĂšme principal de l'Afrique venait de ce que « l’homme africain n’est pas assez entrĂ© dans l’Histoire. (...) Le problĂšme de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le prĂ©sent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (...) Dans cet imaginaire oĂč tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idĂ©e de progrĂšs Â»[107]. Ce discours a suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions en France[108] et dans le monde[109],[110], comme celle du professeur Achille Mbembe[111]. Doudou DiĂšne, rapporteur spĂ©cial de l’Onu sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xĂ©nophobie et de l’intolĂ©rance qui y est associĂ©e, a dĂ©clarĂ© Ă  la tribune de l'Onu que « dire que les Africains ne sont pas entrĂ©s dans l’Histoire est un stĂ©rĂ©otype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siĂšcles Â»[112].

Le PrĂ©sident français s'est Ă©galement rendu au Gabon, dont il avait reçu le PrĂ©sident quelques semaines plus tĂŽt[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Darfour

Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Bernard Kouchner organisent la confĂ©rence de Paris, rĂ©unissant une vingtaine de pays[113], afin de relancer le processus sur le Darfour le 25 juin 2007. Bernard Kouchner lance l’idĂ©e d’un corridor humanitaire. Suite Ă  la rĂ©union, la crĂ©ation d'une force hybride de 20 000 hommes devant ĂȘtre dĂ©ployĂ©e au Darfour, force comportant des membres de l’Union africaine et de l’ONU, est annoncĂ©e[114]. Le 31 juillet 2007, l'ONU approuve Ă  l'unanimitĂ© l'envoi de troupes au darfour[115].

Organisations internationales

Nicolas Sarkozy propose la candidature du socialiste Dominique Strauss-Kahn à la présidence du FMI, candidature présentée comme une poursuite de la politique d'ouverture. DSK est nommé président en septembre 2007.

Union européenne
IcĂŽne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : PrĂ©sidence française de l'Union europĂ©enne.
« TraitĂ© simplifiĂ© Â»

Lors du sommet europĂ©en du 8 au 10 juin 2007 prĂ©sidĂ© par l’Allemagne, Nicolas Sarkozy dĂ©fend l’idĂ©e d’un « traitĂ© simplifiĂ© Â» entre les partenaires europĂ©ens, reprenant en grande partie les articles du projet de constitution europĂ©enne, notamment la partie institutionnelle. AprĂšs de longues nĂ©gociations avec en particulier le prĂ©sident polonais Lech KaczyƄski, ce projet est adoptĂ© le 23 juin 2007