Mikhail Gorbatchev
| Mikhaïl Gorbatchev | |
| Naissance | 2 mars 1931 Krai de Stavropol, RSFS de Russie, Union soviétique |
| Nationalité | Soviétique, puis Russe |
| Profession | Homme politique soviétique Secrétaire général du PCUS (1985-1991), président de l'URSS (1990-1991) |
| Distinctions | Prix Nobel de la paix 1990 |
Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev, plus rarement Gorbatchov en suivant de plus près la prononciation russe (russe : Михаил Сергеевич Горбачёв, ru-Mikhail Sergeyevich Gorbachev.ogg écouter), (né le 2 mars 1931), est un homme d'Etat soviétique et russe qui dirigea l'URSS entre 1985 et 1991.
Résolument réformateur, il s'engagea à l'extérieur vers la fin de la guerre froide, et lança à l'intérieur la libéralisation économique, culturelle et politique connue sous les noms de Perestroïka et de Glasnost. Impuissant à maîtriser les évolutions qu'il avait lui-même enclenchées, sa démission marqua le point final de l'implosion de l'Union Soviétique, précédée de deux ans par l'effondrement des démocraties populaires en Europe de l'Est.
Sommaire
|
Biographie
Né de parents kolkhoziens (Sergeï Andreïevitch Gorbatchev (1909-1976) et Maria Panteleïevna née Gopkalo (1911-1993)), il est originaire du Caucase du nord (il est né dans le Krai de Stavropol) et étudie le droit à l’université Lomonossov de Moscou où il rencontre sa future femme Raïssa. Il adhère au parti communiste en 1952 et en devient le dirigeant pour la ville de Stavropol en 1962. Entre 1964 et 1967, il étudie à l’Institut agronome de Stavropol et se spécialise dans les problèmes agricoles. Il est remarqué par Iouri Andropov qui passe ses vacances dans la région ; dès lors, sa carrière s'accélère : il est élu au Comité central en 1971 à 40 ans et au Politburo en 1980 à 49 ans.
Les causes de son arrivée au pouvoir
À la fin des années 70, le KGB dirigé par Iouri Andropov, diligenta une enquête confidentielle pour évaluer le PNB soviétique selon les critères qualitatifs occidentaux et non plus seulement en volume comme le voulait la tradition soviétique. Le résultat fut très défavorable et apportait la preuve du déclin de l’Union Soviétique qui avait vu son économie dépassée par celles du Japon et de la RFA, anciens ennemis de l’URSS. D’autre part, à partir de 1978, la Chine dirigée par Deng Xiaoping, entreprit une véritable révolution économique qui rétablissait en fait des règles capitalistes et d'économie de marché dans l'économie chinoise ce qui aura pour effet de lui donner un dynamisme considérable.
L’URSS était ainsi confrontée à une situation géopolitique nouvelle et inquétante :
- le Japon et la RFA disposaient désormais chacun d’une économie plus puissante que la sienne ;
- la Chine démarrait une croissance économique exceptionnelle ;
- les États-Unis, toujours aussi hostiles, accroissaient l’écart entre les deux pays.
N'étant plus capable de soutenir financièrement un rythme effréné de la course aux armements, dans un contexte de la stagnation économique et une baisse des cours du pétrole, L'URSS n'a pas d'autre choix que de songer à une détente et au désarmement.
Son arrivée au pouvoir et les débuts de la perestroïka
Consciente du danger, la direction vieillissante du PCUS porte au pouvoir le représentant d’une nouvelle génération — Gorbatchev a 54 ans — mais formé et testé à l'école du parti. Dès décembre 1984, Gorbatchev avait pu faire son entrée sur la scène diplomatique internationale, en se rendant en Grande-Bretagne, en visite à Margaret Thatcher : le numéro deux soviétique s'y était démarqué des autres dirigeants de Moscou, par son image d'ouverture et en annonçant que l'URSS était prête à une réduction bilatérale des armements nucléaires.
Arrivé au poste de Secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique en mars 1985, Gorbatchev tente d’insuffler une nouvelle jeunesse à l’économie de l’URSS. Il s’efforce de sauver le système par des réformes structurelles très profondes par rapport aux principes léninistes classiques.
Gorbatchev tire son inspiration d'Alexandr Iakovlev, ancien ambassadeur au Canada, qui lui fit prendre conscience de la faillite du système soviétique dans le domaine agricole puis, de façon plus générale, dans sa stratégie de confrontation avec l'Occident. Celui-ci devint peu à peu son éminence grise et lui inspire successivement la glasnost puis la pérestroïka et, enfin, la réunification allemande.
Sa seconde NEP échoue, rencontrant une opposition au sein du parti. Gorbatchev met alors en place une politique de glasnost (transparence) et de perestroïka (restructuration) à partir de 1985 pour renouveler le pays.
Tournant dans la politique extérieure
Gorbatchev propose d'ouvrir le dialogue avec Ronald Reagan. En 1981, Gorbatchev propose "l'option zéro", au président américain Ronald Reagan, au sujet des armes nucléaire, l'auteur du slogan "America is back" refuse cette proposition. Il initie les traités de désarmement à l'origine de la rupture de l'équilibre de la Terreur, installé depuis 1945. En 1986, Gorbatchev propose un plan d'élimination des armes nucléaires à l'horizon 2000. La même année il rencontre le président américain, Ronald Reagan à Genève. Les "deux Grands" s'accordent pour réduire de 50% leurs arsenaux nucléaires, même si les Américains refusent de renoncer à l'IDS. Dans un message de Nouvel An, le président américain adresse un court message télévisé à toute l'URSS, tandis que le président de l'URSS fait de même sur une chaîne de télévision américaine. Le projet séduit ; chacun des deux présidents se montre très modéré dans son message ; la gorbymania commence à toucher les États-Unis. Un sondage révèlera même, à une époque, que Gorbatchev est plus populaire aux États-Unis que Reagan lui-même. Le magazine Time lui décerne le titre d'Homme de l’année en 1987, puis d'Homme de la Décennie en 1989 après la Chute du Mur de Berlin.
En février 1988, il décida de retirer les troupes soviétiques d'Afghanistan. La décision devint effective un an plus tard.
En 1989, en visite officielle en Chine pendant les manifestations de la place Tian'anmen (avant leur répression), on sollicite son opinion sur la muraille de Chine : « Très bel ouvrage », dit-il, « mais il y a déjà trop de murs entre les hommes ». Un journaliste lui demande : « Voudriez-vous qu'on élimine celui de Berlin » ? Gorbatchev répond très sérieusement « Pourquoi pas ? ». À propos des manifestants démocrates qui troublent son séjour, il déclare : « L'URSS a également ses têtes brûlées qui veulent changer le socialisme du jour au lendemain. »
En 1990, il reçoit le Prix Nobel de la paix pour sa contribution à la fin de la guerre froide. Pourtant, le 1er mai de la même année, il est hué par certains de ses concitoyens. En effet il est très impopulaire aux yeux des fidèles du communisme qui le considèrent comme le fossoyeur du régime soviétique.
La chute
Les tentatives de réformes de l'économie soviétique aggravent les difficultés économiques du pays (cf. économie de la Russie), et Gorbatchev devient nettement plus impopulaire chez lui qu'en Occident.
Lors du coup d’État d'août 1991, parti en vacances dans sa datcha de Crimée, il y est un temps enfermé et écarté du pouvoir par les ultras du Parti communiste soviétique. Le soutien d'Helmut Kohl s'avère insuffisant alors que le président François Mitterrand déclare vouloir attendre les intentions des « nouveaux dirigeants » soviétiques, reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch, et n'hésitant pas alors à lire en direct à la télévision une lettre envoyée par Guennadi Ianaïev, l'auteur du coup d'État[1]. Celui-ci avorte finalement et Boris Eltsine, alors président de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, devient le grand bénéficiaire de cet échec après avoir reçu le soutien dès les premières heures du putsch du président George H. W. Bush et de John Major.
Dans ses Mémoires, Gorbatchev rédigera amèrement : "De Foros (en Crimée, où il est retenu) j’ai eu une conversation avec le président Bush. François Mitterrand devait m’appeler, il ne l’a pas fait."
Une à une, les Républiques de l'URSS déclarent leur indépendance. Gorbatchev démissionne de son poste de président de l'URSS le 25 décembre 1991, après que Boris Eltsine ait proclamé d'autorité, lors d'une séance au parlement, la dissolution de l'Union soviétique et l'indépendance de facto de la Russie qu'il dirige désormais.
Après la chute
Le 20 avril 1993, il fonde Green Cross International. Il joue en 1993 son propre rôle dans le film Si loin, si proche de Wim Wenders.
En 1996 il se représente à l'élection présidentielle de la Fédération de Russie, mais son score est très faible. Il reste d'ailleurs un des dirigeants du XXe siècle les plus mal-aimés des Russes[2].
Il publie ses mémoires en 1996 dénonçant la politique de Boris Eltsine et sa « trahison » envers le référendum d'avril 1991 qui avait donné une majorité favorable au maintien de l'Union.
Depuis le début de ce siècle il est engagé avec des ONG écologistes et avec Daisaku Ikeda pour soutenir la cause pacifiste. En 2001, il fonde le Parti social-démocrate de Russie.
Le 27 octobre 2005, il reçoit[3] le titre honorifique d’archonte du Patriarcat de Constantinople.
Le 21 novembre 2006, il est opéré de l'artère carotide dans une clinique de Munich en Allemagne. C'est la première fois que l'ancien dirigeant soviétique se fait soigner en Allemagne. C'est dans ce pays qu'avait été traitée son épouse Raïssa, qui avait succombé à une leucémie le 20 septembre 1999 à l'âge de 67 ans.
Gorbatchev a aussi participé dans les annonces publicitaires pour les restaurants Pizza Hut où des gens l'acclament pour la liberté qu'il aurait apporté aux Russes, y compris celle d'avoir des restaurants occidentaux, et pour la compagnie de luxe Louis Vuitton, où on le voit, un sac Louis Vuitton à ses côtés, dans une voiture de luxe russe longeant le mur de Berlin.
Expression célèbre
Le 7 octobre 1989, Mikhaïl Gorbatchev est invité à la célébration des 40 ans de la RDA. Il déclarera dans son discours cette phrase restée célébre:
"La vie punit celui qui arrive trop tard"
Bibliographie
- Mon manifeste pour la Terre, Editions du Relié, 2002 (trad. du russe par Galia Ackerman et Paul Lequesne)
- Dialogue pour la paix, avec Daisaku Ikeda, Editions du Rocher, 2001 (trad. du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain)
- Mémoires, Editions du Rocher, 1997 (trad. du russe par Galia Ackerman, Michel Secinski et Pierre Lorrain)
- Avant-mémoires, Odile Jacob, 1993 (trad. sous la dir. de Georges Philippenko)
- Le putsch, Olivier Orban, 1991 (trad. du russe par Michèle Beniser, avec la collab. de Pierre Lorrain)
- Perestroïka, Flammarion, 1987 (trad. de la version américaine par Jean Bonnefoy et William Desmond)
Divers
- Il est membre honoraire du Club de Rome.[4]
- Mikhaïl Gorbatchev fut le premier dirigeant soviétique à avoir interdit toute retouche sur son portrait officiel.
- Renaud lui a écrit une chanson, "Welcome Gorby". Chanson dans laquelle il lui demande, avec humour, de venir "libérer la France" ( "Ici y a des chaînes à briser. Commence par les chaînes de la télé")
- Médaille américaine de la liberté décernée en 2008 pour son rôle dans l′achèvement de la Guerre froide.
Notes et références
- ↑ dans l'humanite
- ↑ Comment les Russes jugent ceux qui ont dirigé leur pays au XXe siècle
- ↑ Orthodoxie: Michael Gorbatchev devient archonte du patriarche de Constantinople
- ↑ (en) Liste des membres honoraires du Club de Rome
Voir aussi
Articles connexes
- Dirigeants de l'URSS
- Perestroïka
- Glasnost
- PCUS
- Occupation soviétique de l'Afghanistan
- Union soviétique
- Pacifisme
- Russie
- Caucase
- Communisme
Liens externes
- MikhailGorbachev.org
- Green Cross International
| Précédé par | Mikhaïl Gorbatchev | Suivi par | ||
|---|---|---|---|---|
| Konstantin Tchernenko |
| Vladimir Ivachko | ||
| Andreï Andreïevitch Gromyko en tant que Président du Præsidium du Soviet suprême |
| Dissolution de l'Union soviétique, remplacée par la Communauté des États indépendants |
1901: Henri Dunant et Frédéric Passy- 02: Élie Ducommun et Charles Albert Gobat - 03: William Randal Cremer - 04: Institut de droit international- 05: Bertha von Suttner - 06: Theodore Roosevelt- 07: Ernesto Teodoro Moneta et Louis Renault- 08: Klas Pontus Arnoldson et Fredrik Bajer- 09: Auguste Beernaert et Paul Henri Balluet d'Estournelles de Constant - 10: Bureau international permanent de la paix - 11: Tobias Asser et Alfred Hermann Fried- 12: Elihu Root- 13: Henri La Fontaine - 17: Comité international de la Croix-Rouge 19: Woodrow Wilson 20: Léon Bourgeois - 21: Karl Hjalmar Branting et Christian Lous Lange - 22: Fridtjof Nansen - 25: Austen Chamberlain et Charles Dawes - 26: Aristide Briand et Gustav Stresemann - 27: Ferdinand Buisson et Ludwig Quidde - 29: Frank Billings Kellogg- 30: Nathan Söderblom - 31: Jane Addams et Nicholas Butler - 33: Norman Angell 34: Arthur Henderson - 35: Carl von Ossietzky- 36: Carlos Saavedra Lamas - 37: Vicomte Cecil of Chelwood (Lord Edgar Algernon Robert Gascoyne Cecil)- 38: Office international Nansen pour les réfugiés - 44: Comité international de la Croix-Rouge - 45: Cordell Hull - 46: Emily Greene Balch et John Raleigh Mott- 47: The American Friends Service Committee et Quaker Peace and Social Witness - 49: John Boyd Orr - 50: Ralph Bunche- 51: Léon Jouhaux- 52: Albert Schweitzer- 53: George Catlett Marshall - 54: Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés - 57: Lester Bowles Pearson - 58: Père Dominique Pire- 59: Philip J. Noel-Baker - 60: Albert John Luthuli - 61: Dag Hjalmar Agne Carl Hammarskjöld - 62: Linus Pauling- 63: Comité international de la Croix-Rouge- 64: Martin Luther King - 65: UNICEF - 68: René Cassin - 69: Bureau international du travail- 70: Norman Borlaug - 71: Willy Brandt - 73: Henry Kissinger et Lê Đức Thọ - 74: Sean MacBride et Eisaku Satō - 75: Andrei Sakharov- 76: Betty Williams et Mairead Corrigan- 77: Amnesty International - 78: Anouar el-Sadate et Menahem Begin- 79: Mère Teresa- 80: Adolfo Pérez Esquivel- 81: Bureau du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés- 82: Alva Reimer Myrdal et Alfonso García Robles - 83: Lech Wałęsa - 84: Desmond Tutu - 85: Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire - 86: Elie Wiesel - 87: Óscar Arias Sánchez - 88: Forces de maintien de la Paix - 89: Tenzin Gyatso - 90: Mikhaïl Gorbatchev - 91: Aung San Suu Kyi - 92: Rigoberta Menchu Tum 93: Nelson Mandela et Frederik de Klerk - 94: Yasser Arafat,Shimon Peres et Yitzhak Rabin - 95: Joseph Rotblat et la conférence de Pugwash sur la Science et les Affaires Mondiales - 96: Carlos Filipe Ximenes Belo et José Ramos-Horta - 97: Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel et Jody Williams - 98: John Hume et David Trimble - 99: Médecins sans frontières - 2000: Kim Dae-jung - 01: L'ONU et Kofi Annan - 02: Jimmy Carter - 03: Chirine Ebadi - 04: Wangari Maathai - 05: Agence internationale de l'énergie atomique et Mohamed ElBaradei - 06: Muhammad Yunus et Grameen Bank - 07: Al Gore et GIEC - |
- Portail de l’URSS
- Portail de la politique